Pat le cambrioleur

Quand il était gamin,
Déjà pas malin un p’tit diable
Il était commun qu’on lui prenne la main,
La main dans l’cartable
Goûter des copines, les billes des copains,
De tous les larcins, Pat était coupable
Ç’t’ait pas l’bandit de grand chemin,
Mais le brigand des bacs à sable

Quand il était ado,
Il s’mettait à dos tous les catholiques
Son nouveau crédo : dans son sac à dos
Pomper l’eau bénite des basiliques
Et la vendre aux badauds, rue d’l’Eldorado,
Dans des bouteilles en plastique
Ç’t’ait pas un grand desperado,
Mais un gringo pathétique

Refrain
Chez Pat’ le Cambrioleur,
Y’a un truc qui tourne pas rond
Il devrait r’mettre ses pendules à l’heure,
Se r’mettre en question
À chaque effraction,
Il en voit d’toutes les couleurs
C’est le plus grand des voleurs
Mais de trésors en carton

Dans la presse c’t’ait pas la gloire,
On l’surnommait ”Averell Dalton”
“Billy The Quiche”, “Robin Déboires”,
“Arsène Loupé” ou “Al Cabròn”
Ses pseudos Pat les portait bien,
Toujours à faire les 400 coups
Des coups dans l’eau, des coups pour rien,
Sans qu’on lui passe la corde au cou

Peut être qu’un séjour en prison
Ou juste une mise en examen
L’aurait remis sur l’droit chemin
Et fait retrouver la raison
Mais au terme de chaque effraction
N’ayant jamais rien dans les mains
Not’ vagabond, ce bon-à-rien,
N’a pas connu d’arrestation

Refrain
Chez Pat’ le Cambrioleur,
Il y a un truc qui tourne pas rond
Il devrait r’mettre ses pendules à l’heure,
Ouais se r’mettre en question
À chaque effraction,
Il en voit d’toutes les couleurs
C’est le plus grand des voleurs
Mais de trésors en carton

Il a fêté la s’maine dernière,
Ses 55 balais
Ils étaient deux, lui et sa bière,
D’vant la télé dans son “palais”
Loin d’la caverne d’Ali Baba
Et d’ses potes les 40 voleurs :
Sa caravane c’t’un bric-à-brac
De trucs en toc et sans valeur

Et soufflant sa dernière bougie,
Disons.. sifflant son dernier verre
Dans son canap’, nu comme un ver,
Lui parvint une idée d’génie…
L’hospice, tout près d’chez lui,
Emplie de mamies grabataires
Aucune raison qu’ça dégénère cette fois
C’est l’casse de sa vie !

Mais not’ bon vieux kleptomane,
A pris du bide et des mollets
Un alcolo-toxicomane
Ça vieillit comme un Beaujolais
Et une fois l’magot des vieilles dames volé,
il n’avait qu’à s’envoler
Mais la vue d’une bouteille de Mezcal
Lui donna l’envie d’picoler

Un verre, puis deux, puis trois
Le 4ème s’éclate par terre
Tirant hors de leurs draps
Toute une armée d’octogénaires
Qui fonce sur l’scélérat, le r’gard furieux,
La canne en l’air
Lui s’enfuit, chassé comme un rat,
Mais son butin…
Il peut s’le carrer dans l’derrière

Il rentre chez lui encore vanné,
Encore un casse de cassoulet
Mais là plus rien, plus d’caravane :
Cambrioleur cambriolé !


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